Le Parisien a testé : les AirTags d’Apple, un accessoire aussi utile que coûteux pour les têtes en l’air


Annoncés depuis plusieurs années, les trackers d’objets perdus AirTags d’Apple arrivent enfin dans le commerce après leur présentation lors de la keynote de printemps. Retrouver ses objets perdus notamment ses précieuses clés ou portefeuille ? Le marché a bien été balisé par un pionnier comme la société américaine Tile ou son défunt concurrent français Wistiki qui font appel aux connexions Bluetooth – sous Android comme sous iOS – et à un maillage d’utilisateurs limité.

Avec ses AirTags à 35 euros l’unité, Apple entend reproduire la recette des AirPods qui ont popularisé les écouteurs sans-fil et mettre à profit son réseau géant de près d’un milliard d’appareils sous iOS en circulation dans le monde pour repérer ses AirTags.

Nous les avons mis à l’épreuve de la réalité, lors d’un test rapide ce week-end qu’il faudra évidemment compléter par des analyses plus poussées quand nous aurons retrouvé plus de mobilité, lors de lointains voyages par exemple. Et que les utilisateurs d’iPhone auront fait la dernière mise à jour qui servira à tisser un réseau de « spotter ».

Car seuls les appareils sous la dernière version d’iOS 14.5, qui devrait être disponible ce lundi soir, peuvent appairer l’AirTag qui vous demandera de toute façon une mise à jour logicielle. Quelques étapes suffisent à ajouter le tracker aux « Objets » retrouvables dans l’application Localiser. Autre restriction, seules les familles des iPhone 11 et 12 bénéficient d’une puce U1 Ultra Wideband qui augmente la précision.

Présenté sous la forme d'un bouton de manchette, l'AirTag est léger et épais comme deux pièces de monnaie.
Présenté sous la forme d’un bouton de manchette, l’AirTag est léger et épais comme deux pièces de monnaie. LP/DLC

Trop précieux pour le glisser nonchalamment au fond d’un sac, le AirTag peut se placer dans un portefeuille malgré son épaisseur qui crée une petite bosse. Dans l’idéal, il s’accroche plutôt à un trousseau de clé avec un porte-clé (vendu séparément) ou à un sac, voire un vélo, avec une lanière, elle aussi vendue en accessoire.

Efficace à la maison comme en extérieur

Première étape de notre test, retrouver le dispositif dans le salon notamment dans un « avaleur » largement documenté de clés et autres portefeuilles, le canapé. Au milieu d’une pièce avec plusieurs signaux Bluetooth et wi-fi, il faut lancer l’application Localiser et deux options s’offrent à nous : Émettre un son ou Localiser. L’AirTag produit pendant 3 à 4 secondes une sonnerie un peu plus forte que lors de la réception d’un SMS. Le signal audio devrait être suffisant pour repérer dans quel coin il se cache. L’option Localiser, qui repose en partie sur la puce U1, va affiner la zone de recherche et guider avec précision, à la dizaine de centimètres près, jusqu’à l’objet. Retrouver un trousseau de clé ou tout objet égaré avant de partir ne devrait donc plus virer au casse-tête matinal.

L'iPhone guide avec précision jusqu'à l'objet quand il est dans un court rayon.
L’iPhone guide avec précision jusqu’à l’objet quand il est dans un court rayon. LP/DLC

La localisation ne prend pas plus de 20 secondes même quand la balise est placée dans une autre pièce et le signal Bluetooth passe sans encombre un mur ou une porte. Mais le système peine un peu plus à localiser quand il y a deux murs et un peu plus de distance.

Passons au monde extérieur, l’AirTag, résistant à l’eau et aux poussières, ne craint pas l’aventure même si sa partie en inox se raye assez facilement. Direction la forêt du bois de Boulogne pour une chasse au trésor un peu particulière. Caché au milieu des bois par une complice, le AirTag est soumis au test d’une de ses fonctions les plus prometteuses : retrouver ses affaires vraiment perdues.

L’application Localiser affiche le dernier endroit où notre smartphone a détecté la présence du AirTag mais à terme elle devrait aussi bientôt montrer la localisation en quasi-temps réel de l’AirTag lorsqu’il est repéré par l’appareil sous iOS 14.5 d’un inconnu. La connexion Bluetooth d’un autre utilisateur va capter et enregistrer l’endroit et faire remonter l’information « de manière sécurisée, anonyme et chiffrée de bout en bout » vers un serveur. Cela devrait particulièrement intéressant pour un bagage égaré dans un aéroport ou oublié dans un train.

La géolocalisation de l'AirTag s'affiche sur la carte et définit une zone de recherche.
La géolocalisation de l’AirTag s’affiche sur la carte et définit une zone de recherche. LP/DLC

Dans notre expérience du jour, le symbole Clé apparaît sur les radars à environ 1 km et il suffit de cliquer sur Itinéraire pour que l’application Maps vous guide à proximité. La géolocalisation n’est d’abord pas très précise, cela indique une zone de recherche avec un degré de précision à travailler.

« Signal faible »

Au milieu des arbres, l’iPhone a du mal à accrocher la localisation du AirTag : « Recherche du signal en cours. Essayez de vous déplacer dans une autre direction », conseille l’application. Après quelques minutes à explorer la zone, nous voici « connecté » mais avec un « signal faible ».

Quelques ratés accompagnent parfois la recherche dans une zone plus grande.
Quelques ratés accompagnent parfois la recherche dans une zone plus grande. LP/DLC

Il faut attendre d’atteindre un rayon d’une dizaine de mètres autour de l’objet pour être guidé avec précision avec des flèches. C’est à ce moment que le système prouve son intérêt.

L'application Localiser donne des indications et l'iPhone génère un retour haptique.
L’application Localiser donne des indications et l’iPhone génère un retour haptique. LP/DLC

À noter aussi qu’utiliser ce moyen de retrouver ses affaires dans la nature implique d’avoir du réseau ou à défaut une connexion Internet par wi-fi pour se connecter au serveur et voir le dernier endroit où le AirTag a donné signe de vie.

Une question reste en suspens : peut-on détourner les AirTags de leur usage pour espionner et suivre quelqu’un par exemple ? « Notre dispositif a été conçu pour suivre des objets, pas les personnes » nous a assuré Apple. Principal garde-fou, l’AirTag sonne quand il est trop longtemps hors de portée de son propriétaire ou va envoyer une notification à un autre iPhone pour lui signaler sa présence. La personne visée par ce suivi intrusif s’en rendrait donc vite compte.

À partir d’un certain laps de temps, il passe en Mode Perdu et se verrouille. Vous recevrez une notification quand sa position sera à nouveau disponible. Après avoir rempli vos coordonnées, notamment votre numéro de téléphone, une personne qui le retrouve pourra vous contacter. Et cela devrait aussi marcher avec les utilisateurs de smartphones récents sous Android grâce au lecteur NFC qui peut lire sa signature.

Verdict

Le AirTag correspond à un besoin, ne plus perdre ses affaires, ce qui est bien le rôle d’une innovation pratique. Son fonctionnement plutôt réussi n’appelle aucune expertise et il peut devenir une bonne habitude à prendre et surtout un cadeau à offrir à un ami ou une membre de la famille connu pour sa faculté à s’éparpiller.

Apple a eu la bonne idée d’y insérer une pile de montre donc interchangeable qui va prolonger sa durée de vie. Mais le fabricant a, comme d’habitude, limité la compatibilité avec d’autres appareils que ceux de son écosystème.

Son prix – 35 euros ou 119 euros, les 4 – peut aussi être un obstacle pour certaines têtes en l’air. D’autant plus que pour bien en profiter, il faut se procurer un accessoire comme le porte-clé en cuir officiel qui coûte… plus cher (39 euros) que le tracker. D’autres accessoires plus abordables vont bien sûr faire leur apparition mais c’est un paramètre à prendre en compte avant l’achat. En précommande depuis la semaine dernière, les AirTags sont victimes de leurs succès selon le magasin en ligne d’Apple qui a repoussé les livraisons à mi-mai.



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