Apple vs Facebook : la bataille autour de la vie privée en passe de devenir une guerre totale


Apple vs Facebook : la bataille autour de la vie privée en passe de devenir une guerre totale

Apple et Facebook sont peut-être deux des plus grandes entreprises
technologiques, mais à première vue, elles s’appuient sur des modèles économiques bien différents. Apple a
réalisé l’an dernier la majeure partie de ses 274,5 milliards de dollars de
chiffre d’affaires en vendant des iPhone, des iPad, des Mac et des AirPods.
Facebook, quant à lui, vend peu de matériel et a tiré la quasi-totalité de
ses 85,9 milliards de dollars de revenus de la publicité en ligne ciblée.
Cependant, il y a un domaine ou les deux géants se retrouvent et s’opposent
désormais: la vie privée des personnes qui utilisent leurs produits. Et
cela a conduit à des échanges tendus entre leurs dirigeants.

Apple vient de lancer sa mise à jour

iOS 14.5 pour iPhone et iPad qui frappe de plein fouet le monde de la publicité. En
effet, les nouvelles versions d’iOS et iPadOS exigent que les développeurs
d’applications demandent explicitement l’autorisation de pister le
comportement des utilisateurs sur l’App Store d’Apple et sur Internet.
Voilà qui porte un coup sérieux à l’activité de Facebook, qui a basé son
modèle économique sur une technologie conçue pour faire exactement cela,
que ses utilisateurs le sachent ou non.

Un désaccord qui vire à la dispute

Ce qui a commencé comme un désaccord politique s’est transformé en l’une
des plus grandes querelles de la Silicon Valley, le PDG d’Apple Tim Cook
déclarant que la vie privée devrait être un droit de l’homme, celui de
Facebook Mark Zuckerberg rétorquant que la décision d’Apple nuira aux
petites entreprises et augmentera les coûts sur Internet.

« Chaque entreprise commence par une idée, et être capable de partager
cette idée par le biais de publicités personnalisées change la donne pour
les petites entreprises
»,

expliquait Facebook dans un billet de blog paru en février. « Limiter l’utilisation
des annonces personnalisées priverait les entreprises d’un moteur de
croissance essentiel
».

Dans une interview accordée au New York Times au début du mois, Tim Cook a

rejeté ces arguments. « Nous savons que ce sont des arguments peu
convaincants
», a-t-il déclaré. « Je pense que vous pouvez faire de la
publicité numérique et gagner de l’argent avec la publicité numérique sans
suivre les gens quand ils ne savent pas qu’ils sont suivis.
»

La passe d’arme s’est poursuivie en début de semaine. Facebook a partagé
une copie de l’alerte qui indiquera aux utilisateurs ce qu’Apple « exige »
dans le cadre de sa nouvelle campagne de protection de la vie privée. Pour
sa part, Apple a publié une vidéo sur YouTube disant
qu’il se bat contre « les applications qui ont des traceurs intégrés et
collectent plus de données que nécessaire.
»

Cette guerre des mots marque un tournant entre deux des plus grandes
entreprises du monde. Au fil des ans, Apple s’est efforcée de se présenter
comme un modèle de protection de la vie privée dans un monde où la
surveillance est omniprésente. La firme à la pomme souligne régulièrement
comment elle intègre la sécurité et le respect de l’anonymat dans ses
produits. Ses nouvelles balises

AirTag, annoncés la semaine dernière, reposent sur des communications chiffrées,
conçues pour garantir que même Apple ne puisse pas utiliser ses produits
pour identifier l’emplacement des personnes ou de leurs appareils.

Mark Zuckerberg était plus proche de Steve Jobs

Apple et Facebook ne se sont pas seulement opposés sur des principes. Lors
de ses présentation en 2018, Apple critiquait le réseau social en montrant
une nouvelle fonctionnalité Temps d’écran détaillant la fréquence à
laquelle les gens utilisent diverses applis. Dans cette démo, Facebook
était présenté comme une perte de temps ultime. Apple a également annoncé
de nouvelles fonctionnalités pour son navigateur

Safari censées « mettre fin » au pistage des utilisateurs par le biais des boutons
Facebook « J’aime » omniprésents sur le web. Tout cela s’est produit peu de
temps après l’éclatement du scandale

Cambridge Analytica impliquant Facebook.

En coulisses, Tim Cook semble avoir été incapable de forger la relation que
le cofondateur d’Apple, Steve Jobs, entretenait avec Mark Zuckerberg il y a
plus de dix ans. « Un jour, j’ai demandé à Jobs qui [il] admirait dans la
[Silicon] Valley
», a déclaré Walter Isaacson, biographe de Steve Jobs, au
Washington Post en 2012. « Mark fut le premier nom sur ses lèvres ». Tim
Cook, quant à lui, aurait eu des relations plus tendues avec le dirigeant
de Facebook. Lors d’une réunion en 2019, Mark Zuckerberg lui a demandé des
conseils sur la façon de gérer le scandale Cambridge Analytica, au cours
duquel les données privées de plus de 50 millions d’utilisateurs de
Facebook ont été divulguées à une entreprise de profilage politique liée à
la campagne présidentielle de Donald Trump.

« Tim Cook a répondu de manière acerbe que Facebook devait supprimer toutes
les informations qu’il avait recueillies sur les personnes en dehors de ses
applications principales
», révèle le New York Times. « En exhortant
Facebook à cesser de collecter ces informations, Cook disait en fait à
Zuckerberg que son modèle était intenable. Ce dernier a ignoré le conseil
de Cook.
»

Article de CNET.com adapté par CNETFrance

Image : James Martin/CNET



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